Lorenzo Gatto

« Avant tout, je veux que mon jeu soit honnête. J’ai une fragilité dans le ton qui reflète la personne que je suis. Pour moi, c’est cela la musique : une expression de la fragilité humaine. »

Quand Lorenzo Gatto étudie le violon à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, sa première rencontre avec le Concours Reine Elisabeth est une expérience déterminante. A cette époque, il rêve également de droit, de math et de devenir ingénieur, mais il sent le besoin de prendre une décision. Désireux de prendre un nouveau départ, il entame en 2005 quatre années d’étude intensive avec Boris Kuschnir à Vienne. Son travail et sa détermination sont brillamment récompensés puisqu’il gagne le Deuxième Prix et le Prix du Public au Concours Reine Elisabeth en 2009.

Sa nomination en tant que « Rising Star » 2010 lui permet de faire ses débuts en récital sur les plus grandes scènes européennes comme le Concergebouw d’Amsterdam, le Musikverein de Vienne, la Cité de la Musique de Paris et bien d’autres… Il élargit encore l’éventail de ses collaborations en jouant avec de nombreux orchestres et chefs d’orchestre comme Philippe Herreweghe, Vladimir Spivakov, Walter Weller, Jan Willem de Vriend, Jaap van Zweden, Martin Sieghart, Andrey Boreyko et Yannick Nézet-Séguin.

Depuis quelque temps, Lorenzo collabore avec le talentueux jeune pianiste belge Julien Libeer. Ensemble, ils enregistrent plusieurs sonates de Beethoven et sortent un disque qui est déjà récompensé par un Diapason d’Or.

« Mes professeurs Véronique Bogaerts, Augustin Dumay, Herman Krebbers et Boris Kuschnir m’ont fait comprendre que pour découvrir des idées musicales en jouant, pour laisser la musique s’épanouir de manière naturelle, il faut consacrer beaucoup de temps à la préparation. Parfois les anciens maîtres donnent l’impression de jouer plus lentement que nous le faisons aujourd’hui. Ce n’est sûrement pas une question de tempo : il s’agit de se relaxer, de savourer chaque note, de prendre le temps de comprendre. »

Au sujet de l’enregistrement de Beethoven en 2015, François Lafon écrit : « le style, le ton, la musicalité, l’inventivité : Lorenzo Gatto est le véritable héritier de la célèbre école de violon franco-belge – de Vieuxtemps à Grumiaux et Dumay en passant par Ysaÿe. Son Concerto respire librement mais sans pathos, ses Romances sont des merveilles lyriques. »

« Même si j’étudie toujours chaque pièce en profondeur, mon travail n’est jamais vraiment terminé. De nombreux violonistes qui ont du succès aujourd’hui recherchent un haut niveau de contrôle et de solidité. Je ne peux pas faire cela – c’est simplement que je ne conçois pas la musique de cette manière. Mon rôle est peut-être de repenser comment jouer sur scène. C’est comme la création mondiale du Concerto pour violon de Mernier : il faut écouter la musique de l’intérieur et la reconstruire au moment même, sans filet de sécurité. »

Grand sportif, Lorenzo envisage ses talents de pilote et son goût du parapente de manière très similaire. « Il faut se concentrer, sans quoi on met sa vie en danger. Tout le reste est superflu. En pleine nature, on parvient à une réelle maîtrise de la liberté. Cette expérience magique ne diffère pas essentiellement de la pratique de la musique et de la scène. »

Trilogy est une aventure distincte, qui vient équilibrer la carrière classique. Avec ses amis proches, les violonistes Hrachya Avanesyan et Yossif Ivanov, Lorenzo lance ce trio pop en 2011.

Lorenzo Gatto (Bruxelles, 1986) est né de parents belgo-italiens. Il joue sur un Stradivari.

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